Résultats de l’enquête 2005 du KOF mandatée par le SECO - La capacité d’innovation de l’économie suisse est stable depuis 1997, mais n’atteint pas le niveau du début des années 90. La Suisse conserve sa position de leader en Europe bien qu’elle ait largement perdu son avance par rapport à des concurrents comme l’Allemagne ou les pays scandinaves. Les atouts de la Suisse sont la capacité d’innovation dont font preuve de nombreuses petites et moyennes entreprises et l’orientation internationale des activités de R&D. Les obstacles étatiques aux activités d’innovation ont perdu de leur importance.
Durant les trois années qui ont suivi l’enquête sur l’innovation pour la période allant de 2000 à 2002, le pourcentage des entreprises actives dans la recherche et le développement (R&D) et ayant déposé des brevets est resté quasiment inchangé dans l’industrie. Il demeure au niveau atteint durant la période 1997/1999. Dans le secteur des services, le pourcentage d’entreprises innovantes, demeuré à haut niveau constant au cours des années 90 et jusqu’à la période 2000/2002, a par contre baissé de façon significative selon l’actuelle enquête pour la période 2003 à 2005.
Dans l’industrie comme dans les services, la part des dépenses d’innovation dans le chiffre d’affaires a nettement diminué durant la période 2003/2005 par rapport aux années 1991/1993, qui furent jusqu’ici les meilleures. La structure des dépenses allouées à l’innovation s’est modifiée au fil des ans, passant d’un accent mis sur la recherche fondamentale à des dépenses d’innovation axée vers l’application (construction et conception) et à des investissements consécutifs à une innovation (p. ex. études de marché en vue du lancement d’un nouveau produit).
La conjoncture et son influence sur la situation financière des entreprises explique une partie de cette évolution. Mais le financement des projets d’innovation dépend aussi de la pression sur les marges et, par conséquent, du degré de la concurrence. Par ailleurs, une concentration sur l’activité de commerce dans un contexte d’accroissement de la division internationale du travail, réduit le besoin d’innovation. Un signe positif est, qu’après une nette diminution depuis 2002, la part du chiffre d’affaires des produits qui ne sont pas seulement nouveaux pour l’entreprise, mais aussi pour le marché, ait augmenté.
Pour ce qui est de la capacité d’innovation, les PME suisses font particulièrement bonne figure en comparaison internationale. La Suisse arrive en tête aussi bien pour les petites que pour les moyennes entreprises, mais se situe plutôt en retrait en ce qui concerne les entreprises de plus grande taille. La large participation constitue un atout structurel de la Suisse innovante.
On constate aussi une internationalisation croissante des activités d’innovation. Entre la période 2000/2002 et la période 2003/2005, la proportion d’entreprises suisses investissant à l’étranger dans des activités de R&D a augmenté de 15 à 21% reflétant ainsi une tendance à long terme. Selon les informations recueillies, pouvoir augmenter ses ventes grâce à des produits conformes au marché local, figure comme motif de R&D à l’étranger avant la réduction des coûts des projets d’innovation.
Au cours des dix dernières années, la Suisse a largement perdu son avance considérable sur les pays classés immédiatement derrière elle. Par rapport à la Suisse, les grands gagnants de ces dix dernières années sont l’Allemagne et la Finlande, suivies à quelque distance par la Suède et le Danemark.
Aussi bien dans l’industrie comme dans le secteur des services, quatre groupes d’obstacles ont influé sur les activités d’innovation. Dans la période 2003/2005, il s’agit dans l’ordre d’importance : des coûts et des risques trop élevés, des problèmes de financement, suivi à une nette distance - d’un manque de personnel en R&D et d’autres personnes qualifiées (industrie uniquement), ainsi que des réglementations étatiques (normes relatives à l’aménagement du territoire et à la construction, législation sur la protection de l’environnement, voire fiscalité excessive). La plupart des réglementations étatiques, comme la limitation de l’accès au marché de l’UE, les restrictions imposées aux étrangers sur le marché du travail, la réglementation des produits sur le marché interne ainsi que le trop faible encouragement apporté par l’Etat à la recherche et à l’innovation, semblent n’avoir que rarement une incidence défavorable sur la capacité d’innovation.
L’enquête sur l’innovation est menée tous les trois ans depuis 1991 par le KOF Centre de recherches conjoncturelles de l’EPFZ sur mandat du Secrétariat d’Etat à l’économie SECO. Sur les 6600 entreprises contactées (échantillon aléatoire), 2555 ont participé à l’enquête, ce qui correspond à un remarquable taux de réponse de 38,7%.
Via venturelab
Tags: entreprenariat, innovation















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